Du remède miracle à la surconsommation.

 

2. Conséquences néfastes dues à la surconsommation

 Comme nous l'avons montré dans notre première partie, dès le début de son utilisation à grande échelle, la pénicilline fut  incontestablement vue comme un progrès majeur de la médecine. En 1967 William H. Stewart, le "Surgeon General" (le directeur de la Santé au niveau fédéral), alla même jusqu’à dire : "le chapitre des maladies infectieuses est clos".

Cependant il déchantera vite. En effet, on se rend rapidement compte que les antibiotiques ont de moins en moins d’efficacité, jusqu’à devenir complètement inutiles pour certains.  Comment est-ce possible ?

a)      Une consommation abusive

Cette résistance est due à une mauvaise utilisation des antibiotiques. Par exemple, pour beaucoup, les antibiotiques étaient le « remède miracle » qui guérissait toutes les maladies. La France devient alors le pays où l’on consomme le plus d’antibiotiques (sur les 100 millions achetés par an, au moins 1/3 sont injustifiés): la consommation d'antibiotiques augmente de 48 % entre 1981 et 1992. Depuis, la hausse s’est poursuivie, à raison de 2,1 % par an entre 1991 et 1996. En 2002, une campagne de publicité a été mise en place pour enrayer cette mauvaise utilisation, avec pour slogan ″Les antibiotiques c’est pas automatique″ cette campagne se poursuit encore aujourd’hui. (cf. "Moyens de remédiations")

b) Une mutation bactérienne

Comment une bactérie devient-elle résistante ?

Il existe deux types de résistances :

  • La résistance innée, qui provient du programme génétique                                                                                                                            
  • La résistance acquise qu’une bactérie peut développer. C’est le mécanisme qui conduit à cette résistance que nous allons étudier :

De manière plus "scientifique" voila comment cela se produit:

Lorsque nous prenons un antibiotique, les bactéries ne peuvent plus se développer. Elles meurent et leur programme génétique est détruit.

 

 

 

Bactérie avec son ADN

 

C’est en tout cas ce qui se produit en théorie, car, si nous prenons trop d’antibiotiques, les bactéries mettent en place un processus de résistance:

En effet, si une bactérie subit une mutation en présence de l’antibiotique et qu’elle arrive à se diviser, elle devient résistante. Cela ne serait pas trop problématique si cela se limitait à une bactérie, mais en se divisant, elle la transmettra à des cellules filles. Ainsi, à chaque génération de bactérie, le nombre de résistantes augmente, ce qui entraîne l’inutilité totale de l’antibiotique au bout de peu de temps.

Cette résistance devient réellement problématique lorsque l’on sait que 10 000 personnes meurent par an à cause de bactéries multi résistantes (notamment dans le milieu hospitalier où les antibiotiques sont très utilisés, ce qui favorise cette résistance.)

 

Ce mécanisme de résistance est expliqué dans le schéma suivant, ainsi que dans la vidéo qui suit:

 

 

 

La transmission du gène de résistance entraîne l’inactivité de l’antibiotique de 4 manières différentes :

  • Par brouillage : inactive l’antibiotique et le rend inoffensif grâce aux enzymes qui le décomposent. C'est ainsi que les antibiotiques de la famille de la pénicilline sont rendus inefficaces.
  • Par blindage : empêche l’accès de l’antibiotique à sa cible en mettant en place des « pompes » qui expulsent les antibiotiques.
  • Par camouflage : modifie la cible de l’antibiotique et la rend insensible à son action.
  • Par esquive : diminue la perméabilité de sa membrane et empêche l’antibiotique d’entrer.

 

 

Lycée Jean Jacques Rousseau - Mathilde et Yolaine

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