Fabrication et effets

3) Comment fabrique-t-on les antibiotiques?


a) Comment fabrique-t-on les antibiotiques?

 

Pour les antibiotiques naturels, il faut sélectionner des souches de micro-organismes qui produisent le plus d'antibiotiques et déterminer les meilleures conditions de culture (température, nature du support, etc.). Par exemple, la pénicilline G est aujourd'hui produite non pas à partir du Penicillium notatum de Fleming mais du Penicillium chrysogenum. Concrètement, ces moisissures sont mises dans des cuves de fermentation, où elles se multiplient (leur masse double toutes les six heures environ). Après deux jours, elles produisent la pénicilline. La quantité d'antibiotique fabriquée est variable d'une molécule à l'autre. Pour la pénicilline, elle est de l'ordre de quelques grammes par litre de culture (contre seulement 0,1 gramme par litre du temps de Howard Florey et d'Ernest Chain !). L'antibiotique est ensuite extrait, purifié par voie chimique et, enfin, conditionné. Dans le cas de la pénicilline, 10 litres de culture suffisent ainsi à produire 10 jours de traitement pour une personne. L'enchaînement des opérations est le même pour les antibiotiques semi-synthétiques à la différence que le composé naturel de départ est modifié chimiquement pour améliorer son activité, diminuer sa toxicité, etc.

b) Conditions d'efficacité des antibiotiques

Pour que l'antibiotique choisi puisse être actif sur le /les germe(s) à l'origine de l'infection, il faut :

  • qu'il possède un mode d'action qui lui permette d'agir sur CE germe
  • qu'il parvienne là où est ce germe, à des concentrations suffisamment élevées de sa forme active,
  • jusqu'au site intime d'action au niveau du germe,
  • et qu'il y reste le temps suffisant pour lui permettre soit de le détruire (bactéricide) soit d'en arrêter la multiplication (bactériostatisme).

Notons que l'objectif habituel de l'antibiothérapie est de diminuer suffisamment le nombre de bactéries présentes pour que le système immunitaire puisse éliminer les germes restants. Cependant, si celui-ci est altéré, ou si l'infection fait courir un risque vital, il devient nécessaire que l'antibiotique les détruise.

Il faut aussi, bien entendu, que dans les conditions d'administration qui permettent d'obtenir l'effet antibactérien, l'antibiotique n'induise pas des effets indésirables inacceptables (toxiques) à d'autres niveaux.

Certaines classes d'antibiotiques ont une bonne absorption digestive (macrolides, tétracyclines, sulfamides).

Pour d'autres classes, l'absorption est nulle (aminosides, polypeptides), et la voie injectable est nécessaire pour obtenir un effet systémique. Enfin, dans certaines classes d'antibiotiques (bêta-lactamines), certaines molécules sont bien absorbées, ce qui permet l'administration orale alors que d'autres devront être injectées.

c) Effets secondaires et toxicité

Les pénicillines sont généralement bien tolérées, même à forte dose. Elles sont cependant la cause de réactions allergiques graves, voire mortelles. Celles-ci trouvent leur origine dans l'instabilité chimique relative des pénicillines.

Pénicillines et réactions allergiques
1. Réactions immédiates - Dans les minutes qui suivent l'administration
- Manifestations: érythème, urticaire, rhinite, bronchospasme, hypotension, choc
2. Réactions accélérées - Dans les heures qui suivent l'administration (1-72h)
- Produisent des effets du même type que les réactions précoces, mais ne conduisent pas au choc
- Peuvent se manifester par un oedème laryngé
3. Réactions tardives - Plus de 72h après l'administration
- Manifestations: le plus souvent une éruption cutanée morbilliforme; rarement néphrite(inflammation du reins.)

Les pénicillines peuvent aussi causer des réactions toxiques directes. Celles-ci se manifestent par des convulsions dues à une encéphalopathie, favorisée par la pénétration du médicament dans le système nerveux central lorsque les méninges sont enflammées.

Lycée Jean Jacques Rousseau - Mathilde et Yolaine

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